A l'aube de l'an 2000, Detroit est, comme toujours dans cette sorte d'histoire, la proie du crime et de la corruption. Pour pallier ce terrible état, les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d'acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais comme souvent, ce cyborg a aussi une âme.
ROBOCOP débute et nous ne savons pas encore que le film qui va se jouer devant nous va devenir un des éléments majeurs du cinéma fantastique des années 80 et, par la force des choses, une œuvre SF culte tout court.
Quand l'agent Alex Murphy se fait tuer sous les yeux de sa co-équipière, la violence est extrême. Cette entame, qui est une des plus marquantes exécutions jamais portée à l'écran, démontre déjà tout le talent du cinéaste hollandais Paul Verhoeven, figure emblématique d'un cinéma grand public politiquement incorrect.
Ce qui frappe d'entrée, c'est que ROBOCOP est un pendant du comic Judge Dredd en bien plus inventif, loin aussi des machines vengeresses du cinéma US qui galvaudèrent les écrans de l'époque. C'est un savant mélange de talents combinés comme celui de Rob Bottin le créateur d'un ROBOCOP qui a aujourd'hui encore fière allure ; un Basil Poledouris dont la BO est enchanteresse ; un Paul Verhoeven qui a l'aube de ces cinquante ans maîtrise pleinement son sujet… avant de rentrer dans l'histoire avec "Total Recall" et "Starship Troopers"… et puis patati et patata…
Aussi, ROBOCOP enchaîne sans cesse les morceaux de bravoure comme la séquence que personne n'a en effet oublier lorsqu'un des membres du gang est totalement "liquéfié" suite à son encastrement dans une cuve de produits toxiques. Dans un monde que les pouvoirs veulent déshumaniser au nom du profit financier, le scénario n'oublie pas d'injecter quelques scènes d'humour ici et là, procurant quelques rictus salvateurs dans la noirceur d'un univers capitaliste corrompu prêt à tout pour prouver que la machine est supérieure à l'homme.
Surtout, la richesse de ce long métrage que j'avais vu lors de sa sortie en salle est la bonne alchimie d'un déroulement classique, cinéma d'action réac facile sur une assise pleine de sens politique pertinent. Débarqué comme une claque sur les grands écrans à la fin des eighties, ROBOCOP est un déroutant savoir faire républico-démocrate, qui fait de la vengeance pure et de la police un modèle tout en critiquant l'Etat qui la dirige.
Enfin, si le film connu deux suites particulièrement mauvaises (scénarios du surestimé Franck Miller), une série télévisée, plusieurs séries animées, plusieurs téléfilms, des jeux vidéo et des bandes-dessinées, cela confirme que Paul Verhoeven et son flic n'ont guère réussi à exterminer ces enflures en cols blancs. Pour autant, ces derniers n'auront pas eu la peau de ce grand moment de cinéma SF malgré les épaisses daubes qui encerclèrent notre héros et essayèrent d'entacher son nom. Ouf, bien joué Murphy.
Allez encore plus loin : 1988 - Fantastique - Paul Verhoeven






6 juillet 2010
7 septembre 2010
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