Se réveillant sans aucun sou­ve­nir dans une chambre d'hôtel imper­son­nelle, John Mur­doch découvre bien­tôt qu'il est recher­ché pour une série de meurtres sadiques. Tra­qué par l'inspecteur Bum­stead, il cherche à retrou­ver la mémoire et ainsi com­prendre qui il est. Il s'enfonce dans un laby­rinthe mys­té­rieux où il croise des créa­tures douées de pou­voirs effrayants. Grâce au doc­teur Schre­ber, Mur­doch réus­sit à se remé­mo­rer cer­tains détails de son passé trouble.

Revoir DARK CITY après tant d'années fut agréable. L'atmosphère sombre et pes­si­miste qui se dégage du film est un petit régal. C'est d'ailleurs son point fort, un uni­vers obs­cur et lugubre, petite mer­veille qui pos­sède bien peu d'équivalent dans le monde du 7ème Art.

Sorti avant Matrix (Les décors ont d'ailleurs été réuti­li­sés pour le tour­nage de celui-ci, notam­ment pour la scène d'introduction où Tri­nity échappe aux agents en sau­tant d'immeubles en immeubles), DARK CITY pos­sède aussi un scé­na­rio malin aux réfé­rences très mar­quées. Tout d'abord, c'est un vibrant hom­mage au cinéma de Fritz Lang, mais égale­ment à "L'allégorie de la caverne" très célèbre allé­go­rie expo­sée par Pla­ton dans le Livre VII de La Répu­blique dont le film s'inspire for­te­ment. De plus, on trouve de nom­breux clins d'œil tel que le nom du doc­teur Daniel Paul Schre­ber (Kie­fer Suther­land, très bon) qui n'est autre que celui d'un patient de Sig­mund Freud dans une étude de cas consa­cré à la para­noïa, ou encore, le numéro 614 de la chambre d'hôtel du héros John Mur­doch est le chiffre du cha­pitre 6:14 dans l'Évangile selon St Jean qui traite de l'arrivée du Messie.

Ces grands et petits détails, cette richesse visuelle et d'écriture, n'empêchent pas pour autant le film d'échapper à une fai­blesse de taille qui n''est autre que son acteur prin­ci­pal, un Rufus Sewell par­ti­cu­liè­re­ment mau­vais, véri­table point mort de l'œuvre.

Aussi, la bataille contre les "étran­gers" peut dérou­ter car très proche des batailles apo­ca­lyp­tiques du monde de Ottomo, comme la scène finale des bâti­ments qui se (re)construisent eux-mêmes, très simi­laire à celle qui ter­mine Akira.

En résumé, DARK CITY, est un film autant mar­qué par ces qua­li­tés que par ces défauts, une richesse cultu­relle et visuelle qui en font un petit bijou SF. Dom­mage que l'interprétation n'est pu en faire un film culte.


L'une des meilleures bande annonce des années 90

La scène de fin sur la jetée avec Jen­ni­fer Connelly a été repro­duite qua­si­ment à l'identique dans "Requiem for a Dream", quand Harry — Jared Leto — rêve, ainsi que dans le film "House of sand and fog".



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