Mal­ena et Pablo, un frère et une sœur qui voyagent en Argen­tine, découvrent un jour­nal intime détaillant d’atroces crimes com­mis vingt ans aupa­ra­vant. À la nuit tom­bée, dans un Motel où ils se sont arrê­tés les deux jeunes gens entendent des bruits étranges : près d’eux, une famille est per­sé­cu­tée, tor­tu­rée, et tuée exac­te­ment de la même manière que celle décrite dans le jour­nal. Sui­vant les traces de cette famille, ils vont décou­vrir qu’il s’agit de la même famille que celle dis­pa­rue vingt ans plus tôt.

Film hispano-argentin, "Apa­re­ci­dos" ne démarre pas sous les meilleurs aus­pices car la pré­sen­ta­tion des per­son­nages et la mise en place des évène­ments manque indé­nia­ble­ment de savoir faire. Cepen­dant, la réa­li­sa­tion de Paco Cabe­zas, dont c'est le pre­mier long, remet son bébé sur le bon tempo à l'instant où le décro­chage guet­tait. Cela devient pour le coup très inté­res­sant et d'une effi­ca­cité qui ne se relâ­chera plus.

Sachant manier sa caméra et offrir un visuel allé­chant, le cinéaste espa­gnol intègre des moments sur­na­tu­rels et angois­sants d'une grande maî­trise dans un uni­vers pour­tant banal. Acteurs atta­chants, bande son ten­due, LES DISPARUS prend sur­tout toute son ampleur lorsqu'est injecté en son inté­rieur les moments dou­lou­reux de la dic­ta­ture argen­tine. Dic­ta­ture qui se déroula de 1976 à 1983.

Dès lors, avec son titre qui devient pour le coup sub­til ("desa­pa­re­ci­dos" fut le nom donné aux 30 000 Argen­tins tor­tu­rés et tués pen­dant cette mons­trueuse période), LES DISPARUS dépasse le simple cadre de l'œuvre fan­tas­tique, deve­nant plus bru­tale et tou­chant au cœur. Cet impact démontre que le réa­li­sa­teur, égale­ment scé­na­riste, ne vou­lait rien d'autre que (ré)activer les consciences d'une jeu­nesse si loin de ces évène­ments passés.

Certes, le cinéma espa­gnol a tou­jours su mélan­ger faits his­to­riques et sur­na­tu­rel dont l'immense Guillermo Del Toro est le plus grand des ambas­sa­deurs avec "Le Laby­rinthe de Pan" et "L'échine du diable" et même si LES DISPARUS ne coure pas dans la même caté­go­rie, il souffre aussi d'une fin très mal­adroite, il se regarde avec un immense plai­sir mal­gré son incroyable pes­si­miste dans son fond et dans sa forme,. Sur­tout, ce film mérite d'être décou­vert tant son style et ses varia­tions sont d'une agréable créa­ti­vité, tant sa sin­cé­rité est réelle et d'une ambi­tion bien supé­rieure à celle pro­po­sée dans le genre.



Allez encore plus loin : 2008 - Fantastique