En faisant de la place sur mon ordinateur personnel, j'ai retrouvé une coupure de presse… Il a sa place ici malgré les quelques bientôt cinq années passées. Mais un des plus grands live que j'ai pu voir. L'Olympia est une excellente salle, avec un très bon son et une superbe proximité avec les artistes. Et quand en plus c'est pour voir et entendre dEUS…
Le Soir (Critique Thierry Coljon, envoyé spécial à Paris)
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le retour de dEUS était très attendu. En Belgique, bien sûr, où les ventes du nouvel album « Pocket revolution » ne fléchissent pas et où les trois dates à l'AB ont vite été complètes. Mais aussi en Hollande, où le groupe de Tom Barman a lancé sa tournée, et en France, où « Le Monde » lui a consacré toute une page fort élogieuse et où il tourne pour le moment avec Jeronimo en ouverture.
Pour Jeronimo, c'est un coup de chance dû en partie à la pingrerie de PiaS qui n'a pas voulu payer le tour support à Milionnaire initialement prévu. Il est vrai que Jeronimo et dEUS partagent en France la même firme de disques, V2, fondée par Richard Branson. Les Parisiens aiment les Belges puisqu'il faut ajouter Zita Swoon à leurs récentes licences.
Jeronimo, donc, bénéficie d'un bel éclairage à la veille de la sortie de « 12 h 33 » en France. Mercredi, devant un Olympia bourré dont on avait enlevé les fauteuils au parterre, il a bénéficié d'excellentes conditions tant sonores que visuelles pour livrer en trois quarts d'heure son univers original. Entouré des fidèles Sacha et Thomas à la rythmique, Jérôme a séduit un public bien amusé par ce Liégeois détonant.
Arrive Tom et sa nouvelle clique. D'emblée, on sent que quelque chose a changé dans le monde de dEUS. Il ne faut pas beaucoup de temps pour se rendre compte à quel point le groupe, qui a connu de nombreux bouleversements, est à nouveau soudé. La présence de Mauro à la guitare et au chant n'y est pas pour rien : l'ex-Evil Superstars apporte énormément, une voix fabuleuse mais aussi un jeu de guitares brutal et métallique, lourd et compact. Il n'en faut pas plus à la rythmique pour faire exploser très vite le concert.
Très concentré, Tom mène le bateau vers des régions d'une densité et d'une intensité rares. On ne se souvient pas avoir vu cette année meilleur concert fondamentalement rock.
Le nouvel album est évidemment largement passé en revue, avec les éclairs que sont « Instant street » au final apocalyptique ou, plus tard, le doublé « Theme from Turnpike » et « Roses ».
Toutes les occasions sont bonnes pour terminer par un chaos organisé rendu encore plus épais par un light show laissant souvent le groupe dans l'ombre, noyé dans une masse de fumigènes ajoutant à l'ensemble le mystère nécessaire aux grands concerts.
Les nouveaux « Bad timing », « What we talk about » et « Pocket revolution » tiennent bien le coup face aux « Little arithmetics » et « Suds & soda », qui rendent le public complètement fou.
dEUS est magistral de bout en bout d'un concert exceptionnel. D'une maturité, d'une rigueur et d'une force inouïes.
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