Sorti le 29 septembre 1998 sur le label Mo'Wax et comprenant 12 titres d'une durée totale de 54'57"
En 1996, DJ Shadow fait ses débuts et sort sur le marché un album pour l'histoire, "Endtroducing", fait d'échantillonnages et de beats sombres, un assemblage de sons présents sur sa collection de vinyles garnissant son grenier. Il en fera bien plus qu'une merveille expérimentale, mais une brèche, un nouvel exercice de style qui influencera le monde musical et qui par ailleurs continue d'être le disque de chevet de nombreux artistes, quelque soit le genre dans lequel ils baignent.
Le fondateur de Mo'Wax Records, James Lavelle, est quant à lui reconnu comme un dénicheur de talents et faiseur d'idées. C'est avec l'une de ses plus brillantes qu'il s'associe à DJ Shadow pour créer l'un des albums les plus importants paru lors des vingt dernières années.
C'est ainsi que sort dans les bacs le 29 septembre 1998 le très riche PSYENCE FICTION. Il y baigne le plus bel éclectisme jamais entendu, des samples mélangés pour donner corps à une absolue cohérence. Des éclaboussures de claviers pour superbes musique sans paroles ("Main Title Theme", "Unreal" et "Celestial Annihilation"), des cordes pour mélodies dramatiques ("Lonely Soul" et "Rabbit In Your Headlights") ou encore des rythmes agressifs ("Nursery Rhyme/Breather") et des Big-beat tonitruants ("Guns Blazing"). Il est à noter que toute cette riche musique est signée DJ Shadow mais que les textes sont quant à eux écrits par les interprètes collaborant à ce fabuleux projet.
Ces interprètes sont d'ailleurs les immenses Tom Yorke de Radiohead, qui au passage nous gratifie d'un des chants les plus déchirants de l'histoire de la musique, et Richard Ashcroft de The Verve qui asperge l'auditeur de sa classe le titre le plus électro et planant de l'œuvre.
Plus déconcertant et sidérant, le duo entre le bassiste de Metallica Jason Newsted et le Beastie Boy Mike Diamond pour un morceau d'une totale maitrise hip-hop. Et que dire de Badly Drawn Boy à mille lieux de ses ballades indé, mais toujours autant inspiré.
La production de l'ensemble est merveilleuse. L'utilisation des samples est à couper le souffle. De plus, entendre Mark Hollis offrir ses doigts talentueux au piano pour une collaboration avec Atlantique Khanh tout en douceur, est l'un des plus beau bijou de cette luxueuse parure. Quand on aime la musique, on oublie pas Mark Hollis. Bravo aussi pour ça UNKLE.
En résumé, PSYENCE FICTION est plus qu'un album. Le travail d'orfèvre de deux génies qui ont signés un projet pharaonique et changé le cours de l'histoire musicale, comme tout les bons faiseurs de Trip-Hop ont su le faire. Ce mélange de pop-rock et de Abstract Hip-hop est l'une des plus belles claques de la musique électronique. Eclectique, riche et un bel exemple de ses fabuleuses années 90.. Aussi important qu'un album de Massive Attack et Portishead.