J'ai eu du mal à me lan­cer sur un petit compte rendu de ce concert, mais voilà c'est fait… pas très ins­piré, mais fait.

CC Paul Bailliart à Massy Palai­seau. Ce n'est pas un Centre Com­mer­cial bien sûr, mais un Centre Cultu­rel où nous nous ren­dons, Ala­bama et moi, pour la seconde fois. Après avoir assis­tés à une très belle soi­rée en com­pa­gnie de "22 Pis­te­pirkko" & "Syd Mat­ters" il y a bien­tôt un an dans la salle "Club", pour la pre­mière fois nous nous ren­dions cette fois-ci dans celle appe­lée le plus sim­ple­ment du monde la "Grande Salle", qui contient des places assises.

Paul Baillard

Confi­gu­ra­tion avec sièges en bas. Il n'y en avait pas pour Miossec

Scène au Centre Cultu­rel Paul Bailliard ne veut pas dire gran­deur. L'endroit est petit et même si je ne connais pas la capa­cité assise, j'en est déduis qu'elle ne pou­vait pas conte­nir beau­coup plus que 200 places lorsque nous sommes arri­vés, vers 20h30. Debout en bas ne nous enchan­tait guère et c'est ins­tal­lés dans des sièges moyens, mais moel­leux, fixés en rangs cor­rec­te­ment espa­cés que nous nous trou­vions, légè­re­ment de coté (Point vert sur l'image).

Petite salle, avec une scène d'une lar­geur de 9m (11.50m de mur a mur), qui n'est pas excep­tion­nelle mais qui offre cette proxi­mité tou­jours essen­tielle avec les artistes, elle pos­sède comme pour la salle "Club" un excellent son, pure­ment agréable.

La pre­mière par­tie est assu­rée par Alain Cor­bel, un ren­nais qui sort son pre­mier E.P.
Talen­tueux, lâchant un fin humour désin­volte entre chaque mor­ceaux, il a inter­prété pen­dant 30 minutes des titres dans la langue de Sha­kes­peare me fai­sant pen­ser à Jeff Buck­ley et Patrick Watson.

D'ailleurs, en cher­chant des liens sur le net, j'ai vu que je n'étais pas le seul à faire de telles comparaisons :

"Quand on com­pare ma musique à celle de Jeff Buck­ley, d'Elliott Smith ou de Patrick Wat­son, bien sûr que ça me flatte, et que ça me met la pres­sion ! Mais j'avoue que j'aimerais sur­tout me démarquer par ma touche per­son­nelle." Alan Cor­bel est d'ailleurs un touche-à-tout qui ne reste jamais en place. Non content de chan­ger régulièrement de lieu de vie, il a exercé divers métiers : cui­si­nier, assistant-décorateur, ser­veur, luthier… "En dehors de la musique, je suis inca­pable de me sédentariser. Cette liberté est à double-tranchant, parce qu'elle implique une cer­taine précarité, mais au moins, je ne me sens pas enfermé. Bien que ce soit le plus grand cliché en matière de poé­sie, il est évident que l’œuvre de Rim­baud a eu un impact sur mes désirs de lire, d’écrire, de m’échapper. S’échapper de qui et de quoi, je crois cher­cher encore la réponse dans la fuite et le mou­ve­ment. Peut-être n’est-ce qu’un prétexte après tout." Après avoir écrit et com­posé pour d'autres artistes, c'est bien son uni­vers qu'il a l'intention de des­si­ner aujourd'hui. C'est sa ren­contre avec Soa­zig Le Lay qui a marqué un tour­nant : elle joue sur un vio­lon­celle qu'il a lui-même fabriqué, puis lui demande d'écrire pour elle : ils forment alors le duo Mégalux, et c'est dans la musique folk qu'Alan se (re)trouve. Depuis lors, il écrit en anglais, après avoir uti­lisé sa langue natale pen­dant des années (poèmes et chan­sons). Les textes de Cor­bel sont empreints de mélancolie, et quand on lui souffle qu'elle est sou­vent écornée par de nom­breux clichés, il rap­pelle que "dans la mélancolie, il y a une charge émotionnelle qui n’existe nulle part ailleurs, bien plus forte que la tris­tesse. Je res­sens tout ça dans la musique du Vel­vet Under­ground, 16 Hor­se­po­wer, de Bjork, Beth Gib­bons, Tom Yorke… Il y a du génie chez cha­cun d’entre eux." MyS­pace

Bien évi­dem­ment les com­pa­rai­sons sont élevées et l'univers du bre­ton, à défaut d'être ori­gi­nal, est bon. Aussi, en plus d'être seul avec sa gui­tare et la cares­ser avec talent, il est doté d'une voix qui méri­te­rait bien plus de recon­nais­sance que la plu­part des per­roquets enva­his­sants les ondes de notre ter­ri­toire. Assis sur son tabou­ret, il dis­til­lera en sept mor­ceaux un folk sympathique.

21h45. Mios­sec arrive après un pas­sage musi­cal assez long et éton­nant, de quelques notes, tour à tour de divers ins­tru­ments. Tel un homme imbibé d'alcool, il se tient à sa canne avant de la jeter et de se ser­vir en rem­pla­ce­ment d'elle de son pied de micro.

Gui­tare, basse, bat­te­rie, mais aussi syn­thé­ti­seur et vio­lon joué par le même musi­cien. Cinq per­sonnes sur une scène aussi petite ne prête guère aux mou­ve­ments et ceux du bres­tois épou­vantent le plus sou­vent ses aco­lytes, qui se demandent s'il va tom­ber à la ren­verse ou pire encore leur jeter un objet. L'inquiétude de voir un concert rapi­de­ment expé­dié, mal inter­prété ou pire encore stoppé au bout d'une demie heure nous par­courra l'esprit. Et fina­le­ment, Mios­sec enchaina avec aisance tout les titres de son nou­vel album dans un atmo­sphère rock des plus réjouissants.

Les musi­ciens, talen­tueux, don­nèrent du punch aux chants et aux cris de Mios­sec. Il enchaina mes deux titres pré­fé­rés "La fidé­lité" et "Je m’en vais" pour en faire pour moi le moment le plus relevé de ce concert, une col­lec­tion qui res­sem­bla certes à une mon­tagne russe mais qui ne fut à aucun moment déplai­sante. Au contraire, la rudesse du rock pro­posé, cou­plé à des textes sou­vent noirs, fut par moment brillante.

"Petite chan­son funky funky" s'amusa t-il à nous dire avant d'interpréter "La mélan­co­lie". Il s'excusera : "Désolé pour la chan­son fran­çaise" qui encore une fois nous feront bien rire. Il en tenait une couche et n'oublia pas de pré­ci­ser "Ça manque de Gin-Tonic ici".

Il avait du mal à tenir debout mais outre le fait de me sur­prendre dans ses inter­pré­ta­tions (c'était la pre­mière fois que je le voyais en même temps), il avait tou­jours quelques petits mots assez amu­sants… et bien sen­tis :
"Ca va ? C'était pas trop le bor­del ? Vous avez eu du mal à venir ? Les embou­teillages, les trans­ports, le RER tout ça, la grève, les fonc­tion­naires… Tou­jours en grève les fonc­tion­naires. Fai­néants de fonc­tion­naires." Rires dans la salle.
"Les fonc­tion­naires fai­néants. Je fais mon chan­teur réac. C'est ven­deur en ce moment d'être réac, ça plaît, la preuve vous dites rien ? Il y a 20 ans ça gueu­le­rait ! Gueu­lez !" Deux, trois sif­flets.
"Les fonc­tion­naires sont des fai­néants, faut les virer !!" Sif­flets.
"Per­sonne ne réagit. Engueu­lez moi bor­del, putain fait chier que l'on ne dise plus rien à ce genre de pro­pos. Gueu­lez putain !!" La salle se mit enfin à hurler.

Un petite inter­mède poli­tique et sur­tout un Mios­sec bien au fait de la situa­tion et du lieu où il se trou­vait. Effec­ti­ve­ment, il y avait des pro­blèmes sur la ligne RER qui des­ser­vait la ville de Massy ce jour là. Des syl­labes sor­ties d'un homme titu­bant, un ton non­cha­lant vrai­ment poilant.

Égale­ment, il n'oublia pas de remettre son micro à une femme dans la foule "Faut suivre le tempo. Je m'en vais fumer une clope" et pour finir, il trouva sur le der­nier titre le moyen de s'ouvrir la lèvre avec la gui­tare qu'il emprunta !! Trop fort !

Les titres furent joués et inter­pré­tés de très bonne manière et la crainte que cela dérape don­nait un coté impro­visé fort chouette. Une soi­rée sym­pa­thique mal­gré la décep­tion de la salle bien trop petite avec ces sièges et son bal­con pas for­cé­ment bien conçus.

Miossec

En cli­quant sur les images, les liens vous enver­ront sur les jolies pho­tos prises à Lille fin octobre par titefleur59, pho­to­graphe pro.



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