Le der­nier concert m'a laissé un goût amer, dû sur­tout il est vrai à une set­list des plus fadasse, "Playing the Angel" n'étant pas du meilleur cru, et aussi avec des re-dites insup­por­tables tels que "Just Can't Get Enough" et "Eve­ry­thing Counts".

A cause de "Sounds of the Uni­verse" j'étais pas for­cé­ment chaud pour allez au Stade de France mal­gré l'amour que je porte au trio. De plus, les der­niers Bercy de 2001 et 2006 donc, étaient en plus rem­plis par un public mou du genou. Alors, la même ambiance dans un lieu de 80.000 places me lais­sais craindre le pire. Mais j'avais mes billets, et j'étais avec ma com­pagne et mes parents pour un empla­ce­ment en tri­bune D basse. Pas trop loin… mais pas très proche non plus malheureusement.

Depeche Mode au Stade de France, c'est quand même un évène­ment. J'ai bien vu en solo Dave Gahan pour sa tour­née "Paper Mons­ters" à l'Olympia et au Zénith, mais mon pre­mier DM hors du POPB ça allait avoir de l'allure. Alors ter­rasse de resto le midi pour un bon repas, quelques Leffe avant d'arriver vers 17h30, mar­cher un peu et boire encore une mousse assis en plein soleil. Une belle jour­née d'été.

C'est qu'il cognait le soleil. Il y avait du monde, des sou­rires, et les mor­ceaux de DM sor­tant des enceintes des bars fai­saient régner une ambiance bon enfant.

Les portes n'ouvraient qu'à 18h30… on entra vers 18h45 pour encore faire péter la CB : Un porte clé, un débar­deur et un t-shirt pour Ala­bama, un mug, le pro­gramme tour et une cas­quette !! C'était pas les soldes, non, loin de là, mais par­ta­ger ce moment était agréable, alors ces objets pro­lon­ge­raient le plai­sir et le souvenir.

Mais pour en gar­der un bon, les objets ne suf­fi­raient pas. Il fal­lait que Dave soit meilleur que la der­nière tour­née pari­sienne où il sem­blait HS, sans la moindre force vocale sur cer­tains mor­ceaux et même tota­le­ment sur les rotules pen­dant "Good­night Lovers". Il fal­lait aussi ne pas être entou­rés de tren­te­naires déjà fati­gués à leur âge et assis pen­dant les deux heures de concert. J'avais donc quelques inquié­tudes… Et comme j'avais offert les billets à ma petite famille, je vou­lais que ce moment reste un grand sou­ve­nir pour eux.

Sinon, en plein soleil pen­dant une heure, je remer­ciai le mer­chan­di­sing d'avoir mis en vente une cas­quette et fît mar­rer tous le monde en pré­ci­sant que cela fai­sait long­temps que je n'avais pas fait un achat utile !

Quand le soleil dis­paru de notre tri­bune, ça com­men­çait à être plus agréable et Ala­bama et moi rejoi­gnirent un couple d'amis, pla­cés en tri­bune G, pour boire de l'eau. Oui, de l'eau, j'avais bu assez de bière et la tem­pé­ra­ture de mon corps avait besoin de bais­ser. Eau… pas fraîche… vu le prix des 50 cl je cher­chai des pépites d'or dans l'une d'elle, mais rien. Ce n'était pas encore ce soir que j'allais rem­plir mon compte ban­caire… il venait d'ailleurs de prendre un violent nou­veau coup de hache aujourd'hui.

Ha oui, M83 était la pre­mière par­tie… J'avais aimé "Dead Cities, Red Seas and Lost Ghosts" lors de sa sor­tie en 2002, leur second album sur une dis­co­gra­phie qui en compte main­te­nant 5. Mais le groupe fran­çais a vite viré élec­tro vin­tage dance machin chose et j'ai aban­donné le suivi dès le troi­sième opus.

Depeche Mode Stade de France 01

On retrouva nos places à 20h45… et 5 minutes plus tard la ola habi­tuelle commença.

Brrrr, je suis pas de nature patiente, mais j'adore ce petit quart d'heure qui pré­cède l'arrivée des artistes. La ten­sion monte, l'adrénaline excite et mouille aussi quelques culottes comme celle d'une nana der­rière nous qui devint une belle hys­té­rique quand Depeche Mode arriva pour enta­mer "In Chains".

(c) photos : Le Hiboo

Le comble : Cela fai­sait quelques secondes que c'était com­mencé et le stade était debout à taper dans les mains et à hur­ler, le son était excellent là où nous étions et tout de suite, avec le chant par­fait de Dave, je sen­tais que je n'avais plus à m'en faire.

(c) photos : Le Hiboo

Comme tout fan qui se res­pecte, j'avais vu des pho­tos, des vidéos et connais­sais la set­list de cette tour­née en ayant sur­fer sur le net. Elle me plai­sait car il y avait que six mor­ceaux de "Sounds of the Uni­verse" mais sur­tout les cinq meilleurs de l'album… et sur­tout "Fly on the Wind­screen" et "Strip­ped" aaargh !

"Wrong" débuta et le visuel pré­cé­dent d'un enfant black vieillis­sant pour res­sem­bler à un vieil homme (Dieu ?) pour "In chains" laissa la place aux membres du groupe filmé live pour une éner­gie sous-jacente. Oui, je sen­tais qu'il y en avait sous le capot. J'étais défi­ni­ti­ve­ment rassuré.

Depeche Mode Stade de France 03

L'opération subit par Dave der­niè­re­ment lui a fait perdre quelques kilos, mais il avait du jus, et sa voix était éblouis­sante, comme je ne l'avais pas entendu en live depuis sa for­mi­dable pres­ta­tion à Bercy en 2001.

"Hole to Feed", la troi­sième chan­son. Le public remue bien, nous sommes tou­jours debout bien sûr. Il y a bien quelques gro­gnasses (désolé pour le terme mais je ne sup­porte pas) ici et là, deux rangs plus bas, pas loin sur notre droite aussi, assises qui ne regardent pas le concert et pré­fèrent s'occuper de leur por­table. Honte sur elles, car elles seront vis­sées à leur siège pen­dant tout le concert sans même y jeter un œil. Nous, heu­reux d'être là ensemble mal­gré pour cha­cun ce coté tou­jours bizarre de voir un concert en plein jour. Bien entouré aussi, avec une famille de 7 per­sonnes de 9 à 55 ans, fans de DM hur­lant et chan­tant pen­dant tout le show (Ça doit être dur de ne pas aimer le groupe et de se retrou­ver invité chez eux le samedi soir).

(c) photos : Le Hiboo

Pour l'instant rien à dire, les pre­miers titres passent très bien, mieux qu'en disque car Chris­tian Eigner tape bien sur sa bat­te­rie et le rendu est supé­rieur à ce que j'ai pu entendre de lui dans les Bercy depuis 98. Mais dans le POPB, selon où on est placé, le son n'est fran­che­ment pas ter­rible, à part être dans la fosse, très proche de la scène, j'ai tou­jours été déçu.

(c) photos : Le Hiboo

Et là, le public et moi, comme fou, réagis­sons dès les pre­mières notes du chef-d'œuvre "Wal­king in my Shoes" avec le vol d'un cor­beau sur les trois écrans de la scène. Je sau­tille comme une gazelle et hurle aussi fort qu'un ours, ce qui fait écla­ter de rire la per­sonne à coté de moi. Un titre indis­pen­sable sur disque et en live. Je ne hurle plus seule­ment, je chante à pré­sent, comme le reste des tra­vées heu­reux de pas­ser aux choses plus fami­lières. "It's No Good" calme le rythme que relance dans un stade en liesse "A Ques­tion of Time". Ala­bama et moi seront d'ailleurs pen­dant toute sa durée des sau­te­relles ne tou­chant le sol qu'une seconde sur deux. Un peu de car­dio ne fait jamais de mal.

"It's no Good" a été calé comme "Pre­cious", his­toire de ne pas oublier les albums dont ils sont issus. Il n'y aura rien concer­nant "Exci­ter", dom­mage, car pour ma part "Pre­cious" aurait pu être rem­placé par "Free­love" bien plus consis­tant, ou tient, allez plus loin avec un "Shake the Disease" pour sur­prendre d'entrée de jeu. En même temps quand on regarde toute la dis­co­gra­phie bour­rée de hits et pou­vant avoir leur place en live et en ce lieu, cela pour­rait durer une bonne heure de plus.

L'originalité dans le choix arrive ensuite avec "Fly on the Wind­screen", mon mor­ceau pré­féré de Depeche Mode qui n'est pas un single. La vraie noir­ceur de DM, sa marque de fabrique, un titre que le groupe aurait sou­haité sor­tir en single à la place de "It's cal­led a heart" mais que sa mai­son de disque refusa. Ce mor­ceau ne devint qu'une face B, mais ce titre tel­le­ment bon ne devait être bana­lisé et trouva sa place en plage 2 de l'album "Black Cele­bra­tion" un an plus tard, en 1986. Bravo a Depeche de pro­po­ser à nou­veau ce titre en live comme ce fut déjà le cas sur le "Devo­tio­nal Tour" en 93.

(c) photos : Le Hiboo

Tout le monde pose ses fesses pour écou­ter deux admi­rables inter­pré­ta­tions de Mar­tin Gore : Le superbe "Lit­tle Soul" qu'il ne chante pas lui-même sur le der­nier opus, seule­ment les chœurs, et une ver­sion mini­ma­liste, rien qu'au piano, de l'énorme "Home". Gore n'est pas seule­ment un grand song­wri­ter, à chaque inter­pré­ta­tion il prouve son grand talent vocal. Sa voix est superbe en effet, et il n'y a pas un seul groupe au monde avec deux chan­teurs de ce niveau en leur sein. De plus, réus­sir à faire pas­ser de l'émotion alors que la nuit n'est tou­jours pas tom­bée dans un stade en dit long sur le talent du bonhomme.

(c) photos : Le Hiboo

Dave revient avec "Come Back". Pas mal comme titre pour un retour, mais pour ma part le seul mor­ceau qui son­nera "chiant". Ensuite, arriva le mor­ceau que j'aime le moins dans toute la car­rière du groupe, le nou­veau single "Peace". Et fina­le­ment il est mieux passé que prévu et mieux que "Pre­cious" aussi, car tel­le­ment dans l'ambiance qu'on a frappé dans nos mains, bon, beau­coup moins fort que sur les autres, mais quand même un peu héhé. Le refrain sem­blait moins insup­por­table et le visuel, des images en noir et blanc de bom­bar­diers ou de défi­lés pour la paix, fut sur­pre­nant pour ce groupe qui a aban­donné depuis long­temps les mes­sages poli­tiques naïfs. Ces quelques minutes "faciles" ne blo­quèrent pas la machine qui allait s'emballer en même temps que la nuit était tom­bée. "In Your Room" dans sa puis­sante ver­sion single, "I Feel You" tou­jours aussi impo­sante et "Policy of Truth" en roue libre pré­cé­dèrent la bombe "Enjoy the Silence", avec son refrain chanté par 65.000 per­sonnes en liesse, et la chan­son du siècle "Never Let Me Down Again" pour laquelle je finis de tuer ma voix. Cette der­nière me donne encore et encore la chair de poule mal­gré mes 5.000 écoutes. Et que dire de son final tou­jours aussi jouis­sif, avec ses 120.000 bras en l'air pen­dant plus de deux minutes éclai­rés par les pro­jec­teurs. Les écrans géants qui dif­fusent les images de l'ensemble, ça c'était bien vu. C'est tel­le­ment beau ce moment… J'aurai vécu mon Rose Bowl avec ce stade qui s'allume et éclaire ces bras ten­dus vers le ciel… Ala­bama aura la chair de poule et aura res­senti ce que j'éprouve à cha­cune de mes écoutes. Quel grand moment !

Reve­nir avec "Strip­ped", le pied. Ma pré­fé­rée avec "Never let Me Down Again". Un single qui n'aura pas mar­ché lors de sa sor­tie, mais la véri­table clé de voute de leur car­rière. Je me sou­viens ado de l'avoir enre­gis­tré jusqu'à rem­plir une cas­sette audio de 90mn et ainsi l'écouter en boucle sur mon walk­man sans avoir à rem­bo­bi­ner. L'écouter encore, 23 ans plus tard fut fort agréable. Puis ré-entendre "Mas­ter & Ser­vant" et "Stran­ge­love" (ver­sion single), donna au Stade de France des faux airs de piste de danse et un retour en arrière des plus enchanteurs.

(c) photos : Le Hiboo(c) photos : Le HibooDepeche Mode Stade de France 14

Le second rap­pel fut épous­tou­flant avec "Per­so­nal Jesus" et son intro Bluesy puis, tou­jours aussi savou­reuses les pro­jec­tions où les membres du groupe se déhanchent et s'agitent.

La conclu­sion sera dans le même esprit que la tour­née pré­cé­dente, mais d'une tenue bien plus rele­vée. Sur le devant de la scène, Dave Gahan et Mar­tin Gore inter­prètent l'un de leur meilleur titre, lui aussi issu de "Vio­la­tor", un "Wai­ting for the Night" qui par­achève dans le silence un show de deux heures de haute tenue.

La jour­née aura été belle oui, ce qui aura peut-être aussi donné cette éner­gie et cette gaieté au public.
Samedi 27 juin 2009 res­tera un grand sou­ve­nir. Un de plus concer­nant Depeche Mode qui a offert un épous­tou­flant concert, un show à la hau­teur de leur image. EN-OR-ME.

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Pour finir, merci à "Le Hiboo" pour ces mer­veilleuses pho­tos. Je n'ai pu en prendre aucune pour ma part, mal­gré notre appa­reil dans la poche. Oui, l'ambiance fut trop bonne pour faire autre chose que chan­ter, crier, sau­ter et taper des mains.

Il ne faut pas oublier le talen­tueux Peter Gor­deno aux cla­viers. Andy Flet­cher a prouvé quant à lui qu'il n'était plus le meilleur joueur de syn­thé au monde d'un seul doigt. Il confirme en effet à la pla­nète entière qu'il est à pré­sent le plus grand magi­cien en fai­sant fonc­tion­ner sa machine sans la tou­cher. Quel talent !

(c) photos : Le HibooDepeche Mode Stade de France 15

Set­list :

In Chains
Wrong
Hole To Feed
Wal­king In My Shoes
It's No Good
A Ques­tion Of Time
Pre­cious
Fly On The Wind­screen
Lit­tle Soul
Home
Come Back
Peace
In Your Room
I Feel You
Policy Of Truth
Enjoy The Silence
Never Let Me Down Again

Rap­pel 1
Strip­ped
Mas­ter And Ser­vant
Strangelove

Rap­pel 2
Per­so­nal Jesus
Wai­ting For The Night



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